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DES

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ZOOLOGIE

PALÉONTOLOGIE

Paris, Imprimerie de E. Manriner, rue Mignon, 2.

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ANNALES

DES

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CINQUIÈME SÉRIE

ZOOLOGIE

PALEONTOLOGIE

COMPRENANT

L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX

PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION DE

M. MILNE EDWARDS

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PARIS VICTOR MASSON ET FILS

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DES

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ZOOLOGIE

ET

PALÉONTOLOGIE

NOUVELLES RECHERCHES SUR LA FORMATION

DES PREMIÈRES CELLULES EMBRYONNAIRES,

Par M. LEREBOULLET, Professéur de zoologie ét d'anatomie comparée à la Faculté des sciences de Strasbourg,

L'étude du iodé de formation des prémières cellules em- brÿonnaires, de celles qui succèdent at fractionnement de la substance vitelliné, est une des plus importantes et des plus diffi- ciles de l'embryügénie.

Quelques auteurs, M. Reichert entre autres, persistent à re- garder lés globes de ségmentation comine des cellules, et admet- tnt que les cellules embryonniaires sont que les derniers termes des divisions successives qui caractérisent le fractionne- ment vitellin:

D'autres, et c’est plus grand nombre, dénient aux amas granuleux qui résultent de la segmentation du germe le carac- tère de véritables cellules, mais ne font pas connaître. d’une manière suffisamment précise comment se constituent ees petits organites, qui vont bientôt former le corps embryonnaire fout

6 LEREBOULLET.

entier, et qui deviendront plus tard la base de la plupart des tissus.

Dans mes Recherches d'embryologie comparée, j'ai abordé ces questions délicates, et j'ai dirigé mon attention sur la présence ou l’absence d’une membrane propre autour des globes de seg- mentation, sur l'existence d’une ou de plusieurs vésicules trans- parentes au centre de ces globes, et sur le mode de formation des véritables cellules embryonnaires.

Je crois nécessaire de grouper 11 les résultats de ces premières recherches qui ont été faites sur le Brochet, sur la Perche, sur la Truite, sur l'Écrevisse et sur le Limnée des étangs.

Brochet. J'admets iei la présence d’une membrane propre, que je dis avoir vue distinctement autour des globes de segmen- tation (1).

J'ai rencontré dans ce Poisson une ou plusieurs vésicules au ceutre des globes; ces vésicules contenaient un et quelquefois deux noyaux (2).

Pour ce qui est de la constitution des cellules, j'avoue «qu'il est difficile de dire si ces cellules ne sont autre chose que les globes de segmentation eux-mêmes réduits à leurs plus petites dimensions, ou si elles doivent leur existence à un travail inté- rieur plus compliqué, et qui échapperait à nos recherches (3). »

Cependant, plus loin, dans l'étude des éléments constitutifs du blastoderme, je signale certaines cellules ayant un espace central clair entouré d’un petit nombre de granules (4), eir- constance qui me paraît importante pour expliquer la formation des cellules.

Perche. J'admets encore dans ce Poisson l'existence d’une membrane propre autour des lobes et des lobules de segmenta-

(1) Recherches d'embryologie comparée sur le développement du Brochet, de la Perche et de l'Écrevisse. Paris, imprimerie impériale, 4862, in-4° (extrait du t. XVII, des Mémoires des savants étrangers), p. 38 et 41.

(2) Ihid., p. 38.

(3) Ibid., p. 4. Les recherches consignées dans ce premier mémoire ont été faites pendant les années 1849-1853.

(4) Ibid., p. 44 et 46, et pl. I, fig. 28. c.

RECHERCHES SUR LES PREMIÈRES CELLULES EMBRYONNAIRES. 7 tion (1); mais je n’ai pu constater, comme je l'avais fait dans le Brochet, la présence d’une vésicule centrale.

Relativement au mode de formation des cellules, je dis que «les petits globules de segmentation sont remplis de granules pulvérulents, » et je retrouve parmi ces globules une forme ana- logue à celle dont il vient d’être question pour le Brochet, c'est- à-dire une cellule contenant une vésicule transparente entourée d'un petit nombre de granules (2).

Malgré ces particularités, quin’avaient pas suffisamment attiré mon attention, Je regarde les cellules de la vésicule blastoder- mique comme le résultat direct et immédiat du fractionnement vitellin (3).

Ainsi, en résumé, c'est cette dernière opinion que Jj'adopte dans l'histoire du développement du Brochet et de la Perche, malgré plusieurs faits qui auraient pu me conduire à une inter- prétation différente.

Écrevisse. L'étude du développement de l'Écrevisse a fait naître en moi d’autres idées.

J'ai constaté le premier, je-crois, dans cet animal, la segmen- tation du vitellus générateur, et j'ai vu que, primitivement, les globes qui résultent de ce fractionnement sont dépourvus d’une membrane d'enveloppe; celle-ci paraît se former secondaire- ment au bout de quelque temps de séjour dans l’eau (4).

lei la vésicule centrale à été observée dans tous les globes gé- nérateurs. Souvent cette vésicule se dédouble, et des granules vitellns s'accumulent autour des deux vésicules nouvelles.

C’est dans l’Écrevisse que j'ai vu pour la première fois la disso- lution des éléments granuleux des sphères de fractionnement, phénomène que j'ai supposé plus tard devoir aussi exister chez les Poissons. Je conclus de l'étude de ce remarquable travail que « les petites sphères qui résultent de la segmentation des globes générateurs ne sont pas des cellules, et n’ont qu’une existence

(4) Ouvr. cité, p. 56.

(2) Ibid., p. 57 et pl. IL, fig. 4, 6. (3) Ibid., p. 58.

&) Ibid., p. 240.

8 LEREBOULLET.

transitoire. Ce sont des amas de matière plastique destinés à fournir les éléments nécessaires à la formation des Yraies cel- lules (1). »

Ce mode de formation se voit sur l'œuf de l'Écrevisse quand oh exainine la composition de la tache embryonnaire (2). Les cellules les plus éloignées de cette tache, et conséquemment les plus récemment formées, sont composées de rares grantles vési- culeux disposés autour d’une vésicule transparente. À mesüre qu’on se rapproche de la tache embryonnaire pour observer des cellules plus anciennes, on voit que les granules se condersent de plus en plus, et s’entourent d’une membrane pour constituer la véritable cellule.

Conduit, par ces observations sur l'Écrevisse, à admettre, pour expliquer le mode de formation des cellules embryonnaires, une opinion différente de celle que j'avais primitivement adoptée, j'ai étudié ce travail avec une nouvelle attention dans mon se- cond mémoire, au sujet du développement de la Truite et du Limnée (3).

Truite. Je me suis assuré qu'il n'existe aucune membrane autour des sphères de segmentation, et je n'ai pas vu de vésicule transparente dans les grosses sphères (4). Ce n’est que dans les globes plus petits que cette vésicule devient apparente, J'ai con- staté l'apparition et la disparition successives de ce noyau vésicu- leux, ainsi que des petites vésicules brillantes qu’on aperçoit au milieu des granules vitellins.

Plus tard, on trouve, parmi les éléments du germe, des cellules avee un contenu granuleux, disséminé, peu abondant, et même des cellules vides, sans trace de granules, forme qui annonce une

(4) Ouvr. cité, p. 245. Voyez aussi les pages 243 et 344, ainsi que les figures 22 et 23 de la planche V.

(2) Ibid., p. 247.

(3) Recherches d’embryologie comparée sur le développement de la Truite, du Lésard et du Limnée. Paris, Victor Masson et fils, 1863, un vol. in-8° (extrait des Ann. des sc. nat , série, t. XVI, XVII, XVIII, XIX et XX).

(4) Page 15 (p. 127 dut, XVI des Annales).

RECHERCHES SUR LES PREMIÈRES CELLULES EMBRYONNAIRES. 9

dissolution du contenu la sphère, 6t représénte uni état transi- toire qui précède la formation des vraies cellules (4).

Limnée. Dans l'étude du développement de ce Mollusque, j'ai montré l'impossibilité absolue de l'existence d’une membrane autour des sphères de ségmentation, par le fait de la fusion de ces sphères, et par celui de l'expulsion d’une de plusieurs vésicules hors des mêmes sphères (2).

J'ai fait voir aussi la disparition et réapparition dés vésicules centrales, ainsi que d’autres vésicules plus petites, brillantes, que j'appellé vésicules plastiques.

C'est dans le Limnée que j'aile mieux vu le travail de ségmen- tation ét toutes les transformations par lesquelles passent lés frac- tions du germe avant d'arriver à la formation des vraies cellules.

J'ai constaté que les vésictiles centrales, avant de se diviser, se remplissent granules. Plus tard, au lieu granülés, elles produisent des corpuscules brillants, que je regarde cortimé des nücléoles.

Ces circonstances, que je ne puis qu’imdiquer somimairement, m'ont amené à distmguer deux phases dans fractionnément vitellin : le fractionnement proprement dit, c’est-à-dire la division de substance vitelliné en sphèrés avec vésicule cen- trale granuleuse ; et la formation des globes générateurs, dont lés vésicules centrales renferment des nucléoles brillants.

Les véritables cellules n'apparaissent dans le Limnée qué lorsque l'embryon est constitué ; elles montrent d’abord sous la forme d’amas granuleux rangés autour d’un noyau transpa- rent, et privés d'enveloppe propre (3).

Quoiqué les faits dont je viens de donner l'analyse laissent entrevoir le mode réel de formation des premières cellules em bryonnaires, j'ai cru qu'il serait utile de reprendre ces re- cherches.

Je vais relater les observations que j'ai faites cet hiver sur des œufs de Truite ét de Saumon ; j'y joindrai quelques faits obser-

(4) Ouvr. cité, p. 23 (p.135 du t. XVI des Annales), et Résumé, n°5 23:27. (2) 1bid., p. 160 (p. 92 du t. XVIII des Annales): fie (3) Ouvr. cité, p. 201 (p.133 dut. XVIII des Annales), et fig. 33, n°5 7 et 8,

10 LEREBOULLET.

vés, le printemps dernier, sur l'œuf de la Perche et sur celui du Meunier, et je ferai suivre ces observations des déductions que je croirai pouvoir en tirer.

Première observation Truite. OEufs fécondés le 10 no- vembre 1863, à deux heures.

11 novembre, à onze heures du matin (21° heure). Globes de segmentation au nombre de 16, de couleur fauve. Ces globes, coagulés avec une eau faiblement acidulée, sont composés de granules et de très-petites vésicules transparentes. Pas de vési- cule transparente au centre des globes.

Quarante-cinquième heure. Je sors un germe en piquant l'œuf, puis en le coupant en deux avec des ciseaux ; le liquide vitellin s'écoule, et j'extrais, à l’aide d'une aiguille, le disque germinateur qui était resté dans l'une des moitiés. J'examine ce disque dans le liquide vitellin.

Il est composé d’une multitude de sphères d'inégale grandeur, déformées par leur pression mutuelle. Les manipulations faites avec les aiguilles les déforment encore davantage ; les sphères se confondent plus ou moins par leurs bords, et l’on voit autour dela préparation des traînées du liquide visqueux, au milieu duquel le germe est plongé.

Les dimensions de ces globes sont variables ; les plus gros, rendus ovoïdes par le fait de la préparation, ont jusqu'à 0"",10 et 0"",12 de longueur. Une vésicule centrale très-apparente existe dans la plupart des grosses sphères (fig. 1, 2), tandis que je n’en vois pas dans les plus petites. Toutes sont composées de nombreux granules, au milieu desquels sont dispersées les petites vésicules brillantes, que, dans mes précédents mémoires, j'appelle vésicules plastiques (fig. X, 1 et 2). Une de ces sphères venait de se diviser en deux portions égales encore assez rapprochées l’une de l’autre, et toutes deux enveloppées par le liquide vitellin. Chacune des deux nouvelles sphères contenait une vésicule transparente (fig. 1, 3).

Cinquantième heure. Les globes mesurent, en moyenne, 07,09. Quelques-uns ont encore la teinte fauve du germe pri-

RECHERCHES SUR LES PREMIÈRES CELLULES EMBRYONNAIRES. A

mitif, mais la plupart sont déjà transparents et ont une couleur cendrée. Les uns ont une vésicule centrale, les autres en sont dépourvus (fig. 2, 1 et 2). Les grosses sphères ne sont pas, comme précédemment, entourées d’une enveloppe de liquide visqueux ; les amas granuleux qui les constituent sont parfaite- ment isolés au milieu du liquide vitellin. Mais les parties du germe encore entières offrent, comme à l'ordinaire, des globes déformés par leur pression mutuelle et plus ou moins confondus, etle bord de la préparation présente des traînées irrégulières produites par la matière liquide et visqueuse du vitellus.

En continuant à diviser le germe avec des aiguilles, je trouve un certain nombre de sphères beaucoup plus petites que les autres, et ne mesurant que 0"*,03 et même C"”,02 (fig. I, n* 3 à 5). Les unes sont remplies de granules, et ont une vési- cule centrale, à teinte mate (n° 3) ; d’autres ne renferment qu'un nombre extrèmement restreint de granules dispersés (n° 5). Un des amas granuleux, entouré d’une enveloppe albumineuse, était en train de se diviser (n° 4). On voyait dans l’une des moitiés une vésicule centrale et deux vésicules semblables, plus petites, dans l’autre moitié, signe de la division prochaine de celle-ci en deux nouvelles portions.

J'ai remarqué dans cette préparation que les vésicules cen- trales étaient tantôt d’une transparence parfaite (n° 4), tantôt d’une teinte mate (n° 3), tantôt, au contraire, visiblement rem- plies de granules (n° 2).

Je n’ai pas suivi plus longtemps le développement des œufs de cette Truite.

Deuxième observation. Truite. OEufs fécondés le 14 no- vembre 1863, à huit heures du matin.

J'examine le germe au bout de huit heures, après avoir coupé l'œuf en deux, et fait glisser le germe avec le disque huileux sur le porte-objet. Il est de couleur fauve et composé de très-petits granules et de quelques vésicules transparentes éparses au milieu de la masse granuleuse. La substance de ce germe est comme visqueuse. Quand on en sépare des fragments, ceux-ci

12 LEREBOULLET.

prennent, sous une légère compression, toutes les forniés pos- sibles, et s'allongent en traînées jaunâtrés.

V'ingt-neuvième heure. Le germe examiné dans le liquide vitellin ést composé de sphères irrégulières, déformées, ayant à peu près toutes un diamètre de 0°",33. ne trouve nullé part de vésicule centrale. Plusieurs sphérés sont en voie de division.

Cinquante et unième heure. Sphères de 0"",06 à 0"",08, entourées d’une auréole transparéite, produite par le liquide vitellin. Plusiéurs d’entre elles viennent de se diviser, et sont encore adossées l’une à l’autre.

Je traite la préparation par l’eau pour faire disparaître le liquide vitellin qui entoure les amas granuleux. Ce liquide se trouble aussitôt, et devient laiteux. Je laissé successivement tom- ber de nouvelles gouttes d’eau sur le gere, jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de précipité. Le gérmé examiné après cette opé- ration offre un tout autre aspect. Lés sphères sont maintenant régulières, sans auréolé, et semblables à des cellules ; elles sont remplies de granules excessivement fins, comme pulvérulents. Quelques-unés ont à leur centré une tache plus foncée qui pout- rait être un noyau, plutôt une vésicule granuleuse.

Soixante-dix-neuvième heure (commencemént du quatrième jour). = Spheres de 0"",040 à 0**,045, transparentes, sans noyau distinct, remplies de grantüles pâles qui leur donnent une teinte grisätre. En ajoutant de l’eau acidulée, lés sphères de- viennent plus foncées, et l’on distingue dans quelques-uñes un noyau de grosseur variable, ayant quart, ‘a moitié ou les trois quarts du diamètre de la sphère.

Commencement du cinquième jour (103° heure). La plupart des sphères n’ont plus que 0"*,026. Les granulés qu’elles con- tiennent sont moins nombreux et très-pâles ; ellés ont la plupart ün petit noyau (fig. 3, 1). Ces sphères ressemblent patfaite- ment à des cellules. Mais à côté d'elles, j’en vois quelques-unes plus grandes, ayant jusqu'à 0°",05 ; elles sont vides, ne ren ferment que quelques granules disséminés (fig. 3, 2 et 3); un noyau mat se voit dans plusieurs (n° 3).

crois Que ces formes indiquent la prochaine constitution

RECHERCHES SUR LES PREMIÈRES @BLLULES EMBRYONNAIRES. 18

des cellules embryonnaires. Comme iln’'est pas possible de suivre sur un même œuf la transformation des globes générateurs, je ne puis savoir si les rares granules qu'on rencontre ici sont les restes des granules qui remplissaient auparavant les sphères, ou si ces granules ne seraient pas de nouvelle formation, et ne se seraient pas produits après la dissolution des précédents. L'observation des œufs de cette Truite n’a pas été continuée.

Troisième observation. Truite. OEufs fécondés le 19 no- vembre 1863, à quatre heures.

Quarante-huitième heure. J'ouvre un œuf, j'en extrais le germe, et je le lave soigneusement pour faire disparaître tout le liquide vitellin. Les globes de segmentation mesurent 0"",07 en moyenne, et sont remplis de granules qui leur donnent une teinte jaunâtre. Je m'assure qu'ils n’ont pas de membrane d’enveloppe. Plusieurs sont confluents, et en les manipulant avec des aiguilles, il est facile de voir qu'il n'existe aucune membrane autour d'eux. Les sphères séparées de la masse commune sont parfaitement régulières, opaques au centre, faiblement transparentes sur les bords. On pourrait croire, à la régularité des contours, qu’il doit exister une membrane propre; mais quand on écrase la sphère sous le compresseur, et qu’on en fait rouler les débris, on ne parvient jamais à rien voir qui ressemble à une membrane. Aucune des sphères en question ne renfermait de vésicule cen- trale apparente.

Fin du troisième jour (67° heure). Germe préalablement lavé. Globes réguliers de 0"#,052-0%*,057-0"",065, finement granulés et transparents (fig. 4, 4); de petites vésicules bril- lantes (vésicules plastiques) sont dispersées parmi les granules. Ces sphères disparaissent entièrement sous l’action de l’éther, et plus promptement encore quand on emploie le chloroforme : elles ne laissent que quelques débris granuleux très-fins.

Le germe d’un autre œuf est examiné dans le liquide vitellin. lei je retrouve, autour de toutes les sphères granuleuses déta- chées de la masse du germe, l’auréole transparente produite par le liquide visqueux qui entoure l’amas de granules. Je coagule la

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préparation avec de l'acide nitrique très-étendu, et je dégage de leur gangue les sphères ainsi coagulées. Elles sont régulières, et offrent l’aspect que j'ai décrit plus haut. Je soumets ces petites sphères à une compression graduée, et je les déchire en frottant en sens contraire la lamelle de verre contre le porte-objet. A l’aide de ces manipulations, je les réduis en petites portions et même en granules, et je vois très-clairement que les fragments détachés du bord ressemblent au reste de la sphère; aucune membrane n’est appliquée autour des granules, mais ceux-ci sont fortement retenus, collés les uns aux autres, par une sub- stance intermédiaire, coagulée.

Fin du quatrième jour (91° heure). Nouvel examen des sphères vitellines dans le liquide de l'œuf. Les plus grosses me- surent 0°" ,042; celles qui sont détachées de la masse présentent quelquefois les formes les plus irrégulières par l'effet des mani- pulations (fig. 4, 4 à 7). Les sphères, tout à fait isolées, sont régulières, et entourées d’un large anneau de liquide vitellin fig. 4, 2). L'une d'elles était double (n° 3), c’est-à-dire composée de deux globes d’égale grosseur compris dans la même enveloppe vitelline. Les autres sont déformées (n° 4, 5, 6, 7),et renferment des granules réunis en petits amas (n° 4), ou dis- persés dans toute l'étendue de la traînée formée par la fusion de plusieurs sphères (n* 5, 6, 7). De petites vésicules transparentes (vésicules plastiques) sont mêlées aux granules.

Ayant traité la préparation par l’eau acidulée, j'ai vu, comme précédemment, que les sphères ressemblent à des cellules pâles, homogènes, granuleuses, la plupart sans noyau. Quelques- unes, au contraire, renferment une grosse vésicule remplie de granules, et qu'on prendrait facilement pour un noyau (n° 8). Plusieurs de ces sphères sont dépourvues de granules, et posse - dent une vésicule centrale transparente, ou offrant une teinte mate.

Je répète cet examen sur plusieurs œufs dont j'étudie les élé- ments dans le liquide vitellin et après le lavage par l’eau simple et par l’eau acidulée. Toujours je retrouve le même aspect des sphères, et je constate dans tous les œufs la présence d’un cer-

RECHERCHES SUR LES PREMIÈRES CELLULES EMBRYONNAIRES. 19 ain nombre de sphères entièrement vides de granules, et munies d’une vésicule nucléiforme.

Fin du cinquième jour (115° heure). Sphères de 0°",032 :ffrant le même aspect que celles de la veille, mais contenant sensiblement un nombre de granules beaucoup moindre (fig. 4, 9 à 12). Quelques-unes de ces sphères sont tout à fait vides; d’autres ont une vésicule granuleuse. Toutes sont formées par le liquide vitellin, au milieu duquel sont déposés les granules (n°* 9 et 10). La substance qui constitue ces sphères s’allonge, s’étire, se déforme par leur propre pression sur le porte-objet. Ordi- nairement les bords du disque germinateur ou des fragments détachés de ce disque offrent des prolongements cylindriques, transparents, qui ne sont autre chose que des traînées de la matière visqueuse qui constitue le liquide vitellin.

L'eau fait, comme toujours, disparaître ces aspects, et alors ce ne sont plus des amas de granules emprisonnés dans un liquide visqueux qu'on a sous les yeux, mais des sphères bien circonscrites remplies de granules extrêmement fins et très-pàles (n* 11 et 12). ù

Évidemment il y a ici non-seulement diminution considérable du nombre des éléments granuleux de chaque sphère, mais aussi rapetissement sensible de ces granules, comme s'ils étaient sur le point de se dissoudre.

Le lendemain, fin du sixième jour, les sphères mesuraient, pour la plupart, 0"",026, quelques-unes 0"",021. Elles sont toujours diffluentes, et, par suite, elles affectent des formes très- irrégulières. L’amas granuleux qu’elles emprisonnent est encore plus réduit qu'hier, et n’occupe qu'une portion très-restreinte de la sphère albumineuse. Plusieurs fois je vois cet amas granu- leux glisser sous mes yeux hors de la sphère qui l’enveloppait ; ou bien‘ilfs’arrête sur la limite de cette sphère, dont 1l se trouve alors coiffé comme d’une calotte.

J'ouvre unlautre œuf, et je commence par laver soigneuse- ment le germe dans l'eau, de manière à faire disparaître tout le liquide vitellin. À la suite de cette opération, les éléments du germe ressemblent parfaitement à des cellules remplies de gra-

16 LEREBOULLET.

nules pulvérulents et très-pàles. L'eau acidulée rend les granules plus foncés, et fait apparaitre un petit noyau qu'on ne distinguait pas auparayant. |

Les mêmes recherches pratiquées sur d’autres œufs me con- duisirent aux mêmes résultats, sans qu'il me fût possible de con cilier l'aspect des amas granuleux emprisonnés dans une goutte de liquide visqueux avec l'aspect des formes cellulaires qui appa- raissaient quand le germe avait été lavé.

Je répéterai que toujours, à cette époque, le germe est dif- fluent, et que les portions de ce germe isolées de la masse se pré- sentent comme composées de gouttes visqueuses emprisonnant quelques granules réunis en un petil amas irrégulier, tandis qu'après le layage ces petits amas prennent la forme et l'aspect de véritables cellules.

Quatrième observation. Truite, OEufs fécondés le 26 no- vembre, à huit heures du matün.

Huitième heure. Je coagule plusieurs œufs, que j'ouvre ensuite pour étudier la composition du germe; celui-ci forme un disque régulier composé de très-petits granules, entre lesquel sont dispersées des vésieules brillantes. Point de grosse vésicule centrale, Rien qui annonce la segmentation.

V'ingt-septième heure. Ouverture d’un œuf coagulé. Douze sphères de segmentation non encore complétement isolées. L'un de ces globes était partagé en quatre par une ligne en croix, et l’on voyait les quatre nouvelles sphères chevaucher l’une sur l’autre. Je ne découvre nulle part de vésicule centrale.

Voulant constater de nouveau l'absence d’une membrane au- tour des globes de segmentation , je recouvre la préparation d'une lame de verre, à l'aide de laquelle je comprime les sphères lentement, graduellement, et en mprimant à la petite lamelle un mouvement de va-et-vient. Je faisais glisser de temps à autre sous la lamelle recouvrante une gouttelette d'eau, pour mieux arriver à dissocier les éléments très-cohérents qui composent les sphères,

Après avoir continué quelque temps ces manœuvres, j'ai xa=

RECHERCHES SUR LES CELLULES EMBRYONNAIRES. 47

miné, sous des grossissements de plus en plus forts, les contours des sphères, et j'ai pu m'assurer qu'ils étaient formés unique- ment et exclusivement par des granules collés en quelque sorte les uns aux autres. Ces contours étaient irréguliers, crénelés, quelquefois interrompus par des déchirures, et l'on voyait très- clairement que les parcelles détachées en parte des bords de la sphere, et flottant dans le liquide, étaient composées de granules adhérents les uns aux autres.

Commencement du troisième jour (55° heure). Les globes mesurent presque tous 0"*,06 ; ils sont, comme à l'ordinaire, remplis de granules et de petites vésicules brillantes (vésicules plastiques) ; quelques-uns sont en train de se diviser ; je ne vois pas de vésicule centrale.

Ayant coagulé un œuf, je séparai les deux feuillets dont se compose le germe. Les sphères du feuillet supérieur sont plus petites, plus pàâles, moins chargées de granules que celles du feuillet inférieur; elles annoncent un travail plus avancé. Ces dermières sont entourées d’une couche de liquide vitellin coagulé, dont le contour est irrégulier ét comme chiffonné (fig. V, n°1 et2); on croirait voir une enveloppe membraneuse autour de chaque sphère. Quelques-unes de ces sphères sont en voie de division, et plusieurs sont munies d’un noyau que je regarde comme une vésicule centrale (fig. 5, 2).

Commencement du quatrième jour (75° heure). Les sphères, du diamètre de 0"",04 en moyenne, offrent un aspect remar- quable. Examinées fraiches dans le liquide vitellin, elles sont d'une grande transparence, et ne contiennent qu’un très-petit nombre de granules d’une extrême ténuité (fig. 5, 3 à 6); plusieurs paraissent même tout à fait vides. Presque toutes ces sphères ont un noyau, ou plutôt une vésicule centrale plus ou moins apparente, toujours très-pâle. Dans quelques-unes, ce noyau est entouré d'une quantité plus ou moins grande de gra- nules brillants (n° 3).

Dans une de ces sphères, les granules qui entouraient la vési- cule centrale étaient plus nombreux, et formaient autour d'elle

un anneau foncé (n° 4). 5€ série. Zooc. T. II. (Cahier nt 4) 2 2

18 LEREBOULLET.

Ces granules si apparents, disposés autour d'un noyau central, contrastent d’une manière frappante avec les granules rares et pâles dispersés dans les autres sphères (n° 5 et 6). I me parait évident qu'il faut les considérer comme des corpuscules de nou- velle formation qui se précipitent dans le liquide de la sphère, et viennent se polariser autour de la vésicule centrale ou noyau.

Quant à la membrane cellulaire, elle résulte probablement de la condensation de la couche la plus externe de la sphère liquide qui renferme les granules dont je viens de parler.

J'examinai de nouveau les mêmes œufs après les avoir laissé séjourner vingt-quatre heures dans l'eau acidulée. Les cellules du germe étaient cohérentes et collées les unes aux autres par leurs bords, de manière à former une pellicule contmue. Quand on les sépare, on voit qu'elles sont entourées d’un étroit rebord, par lequel elles adhéraïent entre elles, Ce rebord irrégulier est cassant, comme l'enveloppe albumineuse coagulée dont 1l a été question précédemment. Plusieurs cellules libres ont encore leur auréole transparente assez étendue, mais irrégulière et comme chiffonnée, à peu près comme je l’ai représentée figure 5, 1 et 2.

Le cinquième jour, le germe est encore composé de sphères albumineuses (1) transparentes, mesurant 0°” ,026, ne contenant que quelques granules réunis en un très-petit amas sur un point variable de la sphère. Les bords de la préparation présen- tent les prolongements cylindriques produits par les traînées du liquide vitellin, La coagulation a, comme toujours, pour résultat la production de cellules entourées d’albumine coagulée, et dont plusieurs contiennent un noyau petit et peu distinct.

Le dixième jour, la membrane blastodermique est pourvue de ses cellules régulières à noyau, mesurant 0"*,044. Ces cellules, vues dans le liquide vitellin, ne sont plus entourées d’une auréole albumineuse. On peut done considérer l'absence de cette auréole comme le signe de l'achèvement complet de la cellule.

(4) J'appelle ainsi les sphères formées par le liquide vitellin entourant les petits amas de granules, sans rien préjuger de la nature réelle de ce liquide vitellin qui n’est pas simplement de l’albumine,

RECHERCHES SUR LES CELLULES EMBRYONNAIRES. 19

Cinquième observation. Truite, OEufs fécondés le 5 dé- cembre, à huit heures du matin.

Vingt-sivième heure. —Germe partagé en quatre lobeségaux, sans vésicule centrale. J'ouvre plusieurs œufs qui offrent tous le même aspect. Dans l’un d'eux, les quatre sphères chevauchaient l’une sur l’autre. J'ai examiné, comme à l'ordinaire, ces lobes dans le liquide vitellin, dans l’eau simple et dans l’eau acidulée, et j'ai eu recours à la compression.

Cinquantième heure. Les sphères mesurent de 0"",15 à 0°",22 ; elles n'ont pas de membrane propre, ni de vésicule centrale.

Commencement du quatrième jour (74° heure). Sphères très-inégales : les plus grosses ont 0°",05 ou 0°",04, les plus petites 0°”,030 ou 0**,026. Elles sont formées, comme toujours, par un amas de granules entouré d’une enveloppe liquide. Ces amas occupent tantôt le centre, tantôt le bord de la sphère albu- mineuse. Quelques-uns, plus gros que les autres, n’ont pas d’au- réole albumineuse ; ces amas plus gros laissent voir à leur centre une vésicule transparente,

Commencement du cinquième jour (98° heure). La plupart des sphères ont 0°*,03 à 0"",04 de diamètre. Leur aspect est toujours le mème ; ce sont comme des gouttes de liquide vis- queux, à bords très-ombrés, renfermant un nombre variable de granules. Mais ces granules, au lieu d'être réunis en amas, comme précédemment, sont dispersés d'une manière uniforme dans toute la sphère; on voit dans plusieurs une vésicule cen- trale ; celle-c1 manque dans les autres,

Je détache le germe et je le lave avec de l'eau pure, puis je l'éraille avec des aiguilles et j'isole ses deux feuillets, afin de pouvoir bien examiner les cellules. Celles-ci sont extrêmement pâles, composées de granules épars, à peine distincts, sans traces de noyau. Quelques-unes de ces cellules, en petit nombre, sont entourées d'une enveloppe chiffonnée qui a l’aspect d’une mem- brane, ce qui est probablement à un reste de liquide vitellin que l’eau n'aura pas fait disparaître. L'acide rend le contenu des

20 LEREBOULLET. cellules plus foncé, et permet de distinguer confusément dans quelques-unes un petit noyau central.

Quelques heures plus tard, je recommence les mêmes re- cherches sur de nouveaux œufs. J'examine d’abord les sphères du germe dans le liquide vitellin, puis Je lave la préparation, et je la remets immédiatement sous le microscope. Pendant cet examen, je vois un amas granuleux considérable se détacher de la sphère liquide qui l'enveloppait, et s'isoler complétement. Je vois alors très-distinctement que cet amas est formé par des gra- nules amoncelés, sans être entouré d'aucune enveloppe particu- lière; ce n’est évidemment qu'une portion de la substance du germe, séparée, par segmentation, d'une masse plus considé- rable.

Les autres parties du germe avaient, après le lavage, l’appa- rence de cellules. Voulant m'assurer si ces dernières ont une paroi propre, je les coagule faiblement , puis je recouvre la pré- paration d’une lamelle de verre, que je promène en sens con- traire sur le porte-objet en pressant faiblement. Les petites sphères roulent et se déforment sous la pression. Quelques-unes se déchirent, et me permettent de constater de nouveau que les bords, comme la sphère tout entière, sont formés de granules fortement adhérents les uns aux autres. D'un autre côté, les nombreux débris provenant de la déchirure des cellules ne mon- trent aucune trace de membrane, même sous les plus forts grossissements.

Ces cellules avaient un noyau dont le diamètre ne dépassait pas le sixième du diamètre de la sphère, et qu'on ne distinguait que sur les pièces coagulées.

L'état du ciel ne m'a pas permis de continuer les jours suivants mes observations sur les mêmes œufs ; ce n’est que le treizième jour que j'ai pu les examiner de nouveau.

L'embryon étant formé, j'ai dirigé mon attention sur les cel- lules les plus récemment constituées. J'ai choisi pour cet exa- men les membranes délicates qui forment les lames ventrales de l'embryon, et l'expansion du blastoderme qui contient le vitellus. Les cellules de ces membranes mesuraient de 0"",043 à U0"®,045.

RECHERCHES SUR LES CELLULES EMBRYONNAIRES. 21 Celles des lames ventrales étaient très-pàles, et ne contenaient qu'un nombre extrêmement restreint de petits granules à peme visibles. La coagulation rendait ces derniers plus apparents, sans en augmenter le nombre ; on voyait un beau noyau qui occupait environ la moitié de la cellule.

Les cellules de la membrane périvitelline, plus anciennes que les précédentes, avaient un autre aspect. Les unes (fig. 6, 4, 2 et 5) ressemblaient à de jeunes cellules ; elles étaient composées d’un gros noyau entouré d’une enveloppe cellulaire très-étroite. Le noyau était granuleux, sans nucléole dans les uns (n°1), avec un ou plusieurs nucléoles dans les autres (n° 2 et 5). Ailleurs l'enveloppe celluleuse était plus grande, plus écartée du noyau, et l'on ne voyait aucun granule entre ce dernier et la paroi de la cellule (n° 3). Enfin, dans quelques rares cellules, j'ai trouvé deux noyaux granuleux Juxtaposés (n° 4).

Évidemment j'avais sous les yeux des cellules en voie de mul- tiplication ; or j'ai constamment remarqué qu'après la coagula- tion, la substance de la cellule était cassante comme le liquide vitellin coagulé, et n'offrait «jamais la flexibilité d’une mem- brane. |

Ces observations me conduisent donc à regarder le travail qui se passe en ce moment comme analogue au travail primitif qui à pour objet le fractionnement du germe. Ce qu'on appelle le gros noyau des jeunes cellules est un amas de granules analogues à ceux qu'on observe aux premières époques de l’évolution de l'œuf. Ce noyau est maintenant entouré d’une couche liquide, coagulable par les acides, et destinée sans doute à devenir plus tard la membrane de la cellule. L’amas de granules en question est susceptible de se fractionner pour produire des amas plus petits, et, comme on l’a vu pour la segmentation vitelline propre- ment dite, le fractionnement du noyau est précédé de l’appari- tion de nucléoles qui représentent, à mon avis, les vésicules centrales, autour desquelles viennent se grouper, comme autour d’un centre d'attraction, les éléments granuleux destinés à former des amas ou des globes secondaires.

29 LEREBOULLEN,

Sixième observation. Saumon. OEufs fécondés le 19 no- vembre 1863, à quatre heures de l'après-midi.

V'ingt-deuæ heures après la fécondation, je distingue à travers la coque de l'œuf, à uné petite distance du micropyle, ün cumu- lus jaunâtre qui repose sur un large disque oléagineux de cou- leur rouge. Ce cumulus n’est pas plus gros que celui de la Truite à la même époque. J'ouvré l'œuf, et j'isole le germe, tout en le laissant dans le liquide vitellin. Je vois qu'il se compose de seize globes de segmentation. Ces globes sont constitués par une agglomération granules très-fins, formant une masse com= pacte de couleur jaunâtre, dans laquelle sont disséminées des vésicules brillantes (vésicules plastiques) en plus grand nombre que dans la Truite.

En déchirant les globes avec dés aiguilles pour en séparet les éléments, je vois des gouttes d'huile s'échapper de ces sphères et apparaitre à leur surface. Souvent j'ai eu l’occasion de constater la présence d’une certaine quantité de graisse liquide dans les globes de segmentation sur le Saumon ou sur la Truite. Toutes les fois que j'exérçais une certaine compression, je voyais l'huile se ramasser en une goutte plus ou moins large sur un point de la préparation.

Je ne vois pas de vésicule céntrale ; seulement je trouve çà et quelques vésicules un peu plus grosses que les autres, dispér- sées irrégulièrement.

Le disque huileux est formé en grande partie de gouttes colo- rées d'un rouge magnifique.

Quarante-huilième heure. Globes de segmentation ayant en moyenne un diamètre de 0"",12; même composition que veille. Ceux qui occupent les bords du germe se fondent en partie les uns dans les autres, preuve qu’ils n6 sont pas entourés d’une membrane. Les sphères qui sont entièrement séparées de la masse ont autour d'elles une enveloppe de liquide vitelline, en- veloppe qui disparaît par le lavage, et qui se coagule, en gardant en partie sa transparence, quand on emploie de l’eau acidulée. Malgré l'examen le plus attentif, je ne vois pas de vésicule cen- trale.

RECHERCHES SUR LES CELLULES EMBRYONNAIRES. 23 Soivante-sixième heure}(fin du troisième jour). Le diamètre des sphères n’est plus que de 0"",08 à 0"",09; elles sont trans- parentes, mais elles ont encore une teinte fauve ou jaunâtre quand on les regarde par réflexion. Quelques-unes ont une vé- sicule centrale granuleuse, semblablé à un noyau; dans l’une d'elles, je trouve deux vésicules nucléiformes écartées l’une de l'autre, et qui ont environ la moitié du volume des vésicules centrales précédentes. Malgré la ressemblance de ces sphères avec des cellules, je m'assure qu'elles n'ont pas d’enveloppe membraneuse. En effet, dans les portions du germe ces pe- tites sphères sont amoncelées, on voit qu’elles se fondent les unes dans les autres à leurs points de contact, et qu'elles ne sont iso- lées que sur le bord de la préparation. Les sphères séparées de la masse ont seules une forme régulière; mais quand on les écrase ou qu'on les déchire, on s'assure facilement qu'elles sont composées d'une matière granuleuse, cohérente, sans mem brane d’enveloppe distincte.

Le chloroforme appliqué directement sur ces sphères les dis- sout en totalité. Au bout de peu d'instants, il ne reste plus que quelques débris d'une extrème ténuité, presque imperceptibles, granuleux, et qui ne ressemblent nullement aux débris d’une membrane.

Fin du cinquième jour. Globes de 0"*,036 à 0"",039 de diamètre, encore fortement granuleux avec de nombreuses vési- cules interposées entre les granules. Je cherche en vain dans ces sphères une vésicule centrale ; je n'en trouve pas, même en les coagulant.

Cependant le lendemain, sixième jour, le germe me semblait composé de vraies cellules ; mais je n’ai pu continuer l’observa- tion ni ce jour-là, ni les jours suivants.

Septième observation, Saumon. OEufs fécondés le 7 dé- cembre, à midi.

V'ingi-deuxième heure. Le germe se compose de huit sphères indépendantes, et qui se séparent complétement les unes des autres. Plusieurs d’entre elles ont une ligne transparente qui

DA LEREBOULLET.

partage la sphère en deux parties égales, et annonce une pro- chaine division. Ces sphères ont la composition et l'aspect que j'ai fait connaître dans l'observation précédente : pas de mem brane propre, pas de vésicule centrale, auréole transparente formée par le liquide albumineux.

Quarante-sixième heure. Les globes de segmentation ont 0°" ,13 à 0"",14 de diamètre. Examinés dans le liquide vitellin au moment l'œuf est ouvert, ces globes ne sont pas entourés d'une auréole (fig. 7, 1); mais, au bout de très-peu de temps, cette auréole apparaît, soit par suite d’un retrait de la substance granuleuse, soit par un effet d'adhésion du liquide visqueux aux parois de la sphère (n° 2).

Je ne trouve une vésicule centrale que dans quelques globes; elle est transparente , entièrement vide, et son diamètre égale environ le sixième du diamètre de la sphère.

Fin du cinquième jour. Sphères réduites à de petits amas granuleux, entourés d’une couche épaisse de liquide vitellin ; elles mesurent 0"",026 à 0°" ,032. L'état du ciel ne permet pas de les examiner plus en détail.

Sixième jour. Diamètre des sphères 0**,020 à 0"",096. Ces sphères sont tantôt régulières, et alors ressemblent à une goutte d'un liquide visqueux enfermant un nombre variable de granules (fig. 8, 1, 2 et 3), tantôt très-irrégulières, allon- gées, et semblables à des trainées de matière visqueuse (n° 4 à 7). Très-rarement les granules occupent toute l'étendue de la sphère liquide (n° 2); généralement ils sont peu nombreux et toujours irréguliers.

Le lavage donnait aux sphères un aspect tout différent (fig. 9). L'enveloppe produite par le liquide vitellin avait disparu. On voyait alors des sphères transparentes, päles, contenant des gra- nules tantôt nombreux, mais excessivement fins, avec quelques vésicules brillantes (fig. 9, 4), tantôt au contraire en très- petit nombre (n° 2 et 3). Dans l’une d'elles (n° 2), les petits gra- nules, qui d’abord occupaient toute la sphère, s'étaient groupés vers le centre, de manière à laisser autour d'eux un espace trans- parent. Ces granules, qui généralement ressemblent à des grains

RECHERCHES SUR LES CELLULES EMBRYONNAIRES. 25 de poussière, ont quelquefois l'aspect de très-petites vésicules, comme le montre la cellule représentée figure 9, 3, dans laquelle j'ai compté dix de ces granules vésiculeux.

L'eau acidulée faisait apparaître un noyau peu prononcé, qu'on ne voyait pas auparavant ; quelquefois ce noyau était double.

Trois heures plus tard , j'ouvre un autre œuf. J'examine d'abord les éléments du germe dans le liquide vitellin ; ce sont, comme auparavant, des amas granuleux entourés de sphères liquides.

J'isole un groupe de cellules, et j'ajoute une goutte d’eau aci- dulée. Le liquide vitellin est coagulé sans devenir laiteux, et sans perdre sa transparence ; les granules deviennent plus foncés, mais les cellules conservent leur mode d'agrégation, et l’on voit qu'elles sont formées par la sphère albumineuse coagulée et par l'amas de granules inclus.

Je fais subir le même traitement à une moitié du disque ger- minateur, puis je le débarrasse de la substance coagulée et des gouttes d'huile qui l’enveloppent, et, après l'avoir isolé, je le déchire avec des aiguilles pour en séparer les éléments. Je vois alors que les cellules qui le composent sont unies entre elles par le liquide vitellin coagulé qui se brise au contact des aiguilles. Ces cellules ont des formes irrégulières, allongées ou angu- leuses ; celles qui n’ont pas subi de manipulations avant l’action de l’acide sont assez régulièrement sphériques ; elles n’ont pas d'autre enveloppe que la couche de liquide vitellin coagulé dont il vient d'être question ; on voit un noyau dans quelques-unes.

Il me semble donc suffisamment prouvé que les amas granu— leux dont le germe se compose à cette époque manquent de membrane propre, et ne sont pas de vraies cellules.

Septième jour. Parmi les œufs que j'examine, j'en trouve un dont le germe présente un aspect singulier. Il est entièrement composé d'une matière granuleuse homogène, au milieu de la- quelle se voient des cellules vides, transparentes, avec noyau ou sans noyau.

Je n'ai vu qu'une fois cette constitution du germe. Est-elle due

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